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Comment la pauvreté contribue-t-elle à la mauvaise santé?

Certaines façons dont la pauvreté contribue à la mauvaise santé sont évidentes. La privation absolue amenant la mauvaise alimentation entraîne la vulnérabilité aux infections et aux maladies chroniques et, les maisons surpeuplées peuvent accroître la transmission des maladies. [1]

 

Examinez le cas suivant.

 

Shelley

Shelley a 19 ans et est mère d’un enfant de quatre ans. Elle a un faible revenu. Elle souffre d’asthme non traité depuis plusieurs années et elle fume. Sa fille a récemment commencé à avoir une respiration sifflante, particulièrement les jours de grande chaleur et d’humidité. En plus du fait que Shelley fume, le seul endroit qu’elle peut se payer est un appartement délabré au-dessus d’un restaurant. Il y a des coquerelles et les conduits d’air n’ont jamais été nettoyés.

Shelley n’a pas vu son médecin depuis trois ans. En partie parce qu’elle craint qu’il juge sa vie personnelle et les circonstances dans lesquelles elle vit. En outre, comme elle travaille par quarts, à contrat et au salaire minimum, sans congé payé et selon un horaire de disponibilité irrégulier, il est difficile pour elle de prendre rendez-vous. Lors de son dernier rendez-vous, elle a dû attendre plus d’une heure, ce qui s’est soldé par une perte de salaire attribuable au transport et au temps d’attente nécessaire pour voir le médecin.

 

1.

Comment le revenu de Shelley a-t-il contribué à sa mauvaise santé?

 

Bien qu’importante, la privation matérielle absolue ne peut expliquer les écarts en matière de santé qui existent au fur et à mesure que l’on gravit l’échelle socioéconomique, notamment dans les classes sociales où les besoins matériaux sont comblés. [4] Un lien entre le système nerveux et le système immunitaire s’avère d’une importance capitale pour nous aider à comprendre comment les conditions sociales et économiques peuvent influer sur la santé. [3] Les personnes qui se situent au bas de l’échelle sociale peuvent vivre des niveaux chroniques de stress et peuvent être moins aptes à maîtriser cette réaction, en partie parce qu’elles n’ont pas le sentiment de contrôler leurs conditions de vie. [1] Bien que le stress soit un moyen d’adaptation à court terme, il est néfaste à long terme et peut réduire les fonctions de maintien du corps et diminuer la fonction du système immunitaire.[1][3]

 

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1. Association canadienne de santé publique. Board of Directors Discussion Paper. Health Impacts of Social and Economic Conditions: Implications for Public Policy. 2001. Ottawa, Association canadienne de santé publique, Ottawa.

3. Comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la santé de la population. Pour un avenir en santé – Deuxième rapport sur la santé de la population canadienne. 1999.

4. Marmot, MG. Social differentials in health within and between populations. Daedalus 1994;123:197-216.

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