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Glossaire

On naît de sexe féminin ou masculin, mais on apprend à devenir une fille ou un garçon puis une femme ou un homme. Ces comportements acquis déterminent l’identité propre à chaque sexe et le rôle qui lui est dévolu. Le mot « genre » sert à évoquer les caractéristiques des femmes et des hommes qui sont déterminées socialement. L’égalité entre les sexes fait en sorte que les femmes et les hommes jouissent du même traitement dans la société face aux lois et aux politiques. L’égalité entre les sexes est aussi l’accès égal aux ressources et aux services au sein des familles, des communautés et de la société en général. C’est en outre l’absence de discrimination fondée sur le sexe du point de vue tant des opportunités que de l’attribution de ressources et d’avantages et de l’accès aux services. [1]

Équité entre les sexes - Désigne une répartition juste et équitable des avantages et des responsabilités entre les femmes et les hommes. Étant admis que les femmes et les hommes n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes pouvoirs, la notion d’équité suppose que l’on recense et traite ces différences de manière à corriger les déséquilibres entre les sexes. Pour mettre fin à ces inégalités, il faut souvent des programmes et des politiques pour les femmes en particulier. [1]

Discrimination fondée sur le genre – Toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur des normes ou rôles déterminés par la société et qui empêche une personne de jouir pleinement de ses droits humains. [1]

 

Sensibilisation à l’égalité des sexes – Reconnaître les différences, inégalités et besoins particuliers des femmes et des hommes et agir pour donner suite à cette reconnaissance. [2]

Analyse comparative entre les sexes – Processus consistant à recueillir des renseignements sur les spécificités de chaque sexe, souvent appelés « données désagrégées par sexe ». [2]

Planification intégrant la dimension de genre – Processus qui consiste à appliquer les résultats de l’analyse comparative entre les sexes pour combler les lacunes relevées. [2]

Intégration d’une démarche d’équité entre les sexes – Processus qui consiste à systématiquement tenir compte des différences entre les sexes pour élaborer des politiques, planifier, établir des budgets et mettre en &oeliguvre des programmes et projets afin d’éliminer les inégalités entre les hommes et les femmes, les filles et les garçons. L’intégration d’une démarche d’équité entre les sexes dans le domaine de la santé a le potentiel de modifier les politiques et les services de santé existants de façon à éviter que personne ne se voit refuser son droit fondamental à la santé en raison de son genre. [2]

 

En réponse au Programme d’action de Beijing de 1995, le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) a accepté la définition suivante d’intégration d’une démarche d’équité entre les sexes : évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes aussi bien que celles des hommes dans l’élaboration, la mise en &oeliguvre, la surveillance et l’évaluation des politiques et des programmes dans tous les domaines — politique, économique et social — de manière que les femmes et les hommes bénéficient d’avantages égaux et que l’inégalité ne puisse se perpétuer. Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les sexes. [3]

 

 

 À l’Organisation mondiale de la Santé, « intégration de la dimension de genre ou de la dimension sexospécifique est une expression concise pour désigner les stratégies et les procédés qui peuvent changer la façon d’agir des institutions au niveau du pouvoir et des privilèges associés aux mesures prises pour et par les hommes et les femmes. Nous utilisons le mot « intégration » pour indiquer que les questions d’inégalité entre les sexes devraient être abordées dans tous les aspects des structures et des programmes organisationnels plutôt qu’en tant qu’activité ajoutée séparée. En d’autres mots, l’inégalité entre les sexes devrait être abordée dans l’ensemble de l’organisation et des programmes. La phrase complète devrait dire : “intégration d’une attention à l’égalité entre les sexes dans les structures institutionnelles et leur programmation". » [4]

 

« L’intégration d’une démarche d’équité entre les sexes est un processus à la fois technique et politique qui suppose de nouvelles façons d’agir et de penser ainsi qu’une réorientation des buts visés, des structures et des schémas d’attribution des ressources .... cette stratégie exige que soient introduits des changements à différents niveaux au sein des institutions, dans l’établissement des priorités, l’élaboration des politiques, la planification, la mise en &oeliguvre et l’évaluation. Ses instruments sont notamment l’adoption de nouvelles pratiques de dotation en personnel et de budgétisation, la mise en place de programmes de formation et l’élaboration de procédures politiques et de principes directeurs ». [5]

À l’Organisation mondiale de la Santé, « l’analyse du genre consiste à définir, à analyser et à préparer des mesures pour réduire les inégalités résultant des rôles différents attribués aux femmes et aux hommes ou du déséquilibre des relations de pouvoir entre eux et pour corriger les conséquences de ces inégalités sur les conditions de vie, la santé et le bien-être. Dans la plupart des sociétés, les schémas de distribution du pouvoir sont tels que les femmes ont moins facilement accès que les hommes aux moyens de protéger leur santé et moins de chances d’exercer un pouvoir de décision. Dans le domaine de la santé, l’analyse du genre permet souvent de montrer comment ces inégalités nuisent à la santé des femmes, de faire apparaître les obstacles qu’elles doivent surmonter pour jouir d’une bonne santé et de déterminer des moyens d’éliminer ces obstacles. L’analyse par sexe révèle également les risques et problèmes particuliers de santé auxquels sont exposés les hommes du fait du rôle social qui leur est dévolu ». [6]

 

Santé Canada a une politique en matière d’analyse comparative entre les sexes : « L’analyse comparative entre les sexes (ACS) est un outil analytique. Elle combine le sexe biologique et le sexe social pour en faire un principe d’organisation ou un moyen de conceptualiser l’information - d’évaluer le monde. Elle aide à mettre en évidence et à clarifier les différences entre les femmes et les hommes, la nature de leurs rapports sociaux, leurs réalités sociales différentes, leurs attentes et leurs circonstances économiques. Elle définit aussi comment ces facteurs influencent leur santé, leur accès au système de santé et leur interaction avec ce système. » [7]

1.

Dans une allocution à la Conférence de la Revue des droits de l’homme de l’Université d’Harvard sur la réforme de l’ONU et les droits humains, Stephen Lewis a dit :

… « Il est encore plus inadmissible de croire, comme le font apparemment tant d’États-nations, que l’intégration des considérations de genre dans ces trois domaines d’activités opérationnelles (développement, aide humanitaire et environnement) se traduira par une amélioration du respect des droits humains des femmes. Cela n’a jamais été le cas; en fait, l’intégration des considérations de parité, en créant une illusion lamentable de changement, conduit les femmes à une impasse. »

Que veut-il dire? Pourquoi pense-t-il ainsi?

Êtes-vous d’accord?

Si c’est vrai, qu’est-ce qui ne va pas avec l’approche d’intégration?

Comment pourrait-on régler le problème?

Comment peut-on réaliser le but de l’intégration sans arriver à ce résultat?

References for this Activity
1. Stephen Lewis, envoyé spécial de l’ONU pour le VIH/sida en Afrique, « L’égalité des sexes : oubliée dans le procédé de réforme de l’ONU », allocution prononcée à la Conférence de la Revue des droits de l’homme de l’Université d’Harvard sur la réforme de l’ONU et les droits humains, Harvard Law School, le samedi 25 février 2006. <a href="http://www.awid.org/go.php?pg=lewis_speech" target="_blank">www.awid.org/go.php?pg=lewis_speech</a>

 

 

 

 

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1. WHO Gender and Health : technical paper 1998 www.who.int/reproductive-health/publications/WHO_98_16_ gender_and_ health _technical_paper/WHO_98_16.introduction.en.html

2. The Federation of Medical Women of Canada, 2002

3. Issues Paper, ECOSOC Panel Discussion on "Gender Mainstreaming in the United Nations operational activities" July 2, 2004. www.un.org/esa/coordination/ecosoc/Intergovtal_panel_22Jun.pdf accessed January 25, 2006

4. Organisation mondiale de la Santé. Transforming health systems: Gender and rights in reproductive health, OMS, Genève, 2001.

5. Development and Gender, Issue 5: Approaches to institutionalizing gender, Gender in Brief, Institute of Development Studies, University of Sussex, Angleterre, mai 1997.

6. Déclaration du Directeur général sur la politique OMS d’équité entre les sexes : Intégration d’approches soucieuses d’équité entre les sexes dans l’action de l’OMS, Organisation mondiale de la Santé, 2002. www.who.int/gender/documents/frpolicy.pdf Consulté le 25 janvier 2006.

7. Santé Canada. La politique de Santé Canada en matière d’analyse comparative entre les sexes, Ottawa, ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2000.

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